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Architecture muséale : Espace de l’art et lieu de l’œuvre

Jeudi 19 mars 2009 à l'Université de Toulouse le Mirail
Vendredi 20 mars 2009 à l'Université de Toulouse le Mirail
samedi 21 mars 2009 à la Maison du Sénéchal rue de Rémusat

Renseignements et inscriptions jusqu'au 28 février ici


On assiste depuis une vingtaine d’années à un exceptionnel phénomène international d’engouement pour les musées.
Depuis «  l’effet Beaubourg » ravivé et amplifié par « l’effet Bilbao », des centaines d’édifices se  construisent chaque année et sont consacrés, dans une médiatisation absolue, dès le projet, au point que l’objet architectural lui - même fasse œuvre et soit la première proposition artistique à considérer lors de la visite, avant même les collections pour lesquelles il a été conçu.


D’un point de vue historique, il est intéressant de s’interroger sur la genèse et la filiation de ces lieux de l’art. Si une réflexion sur les musées et leur architecture conduit inévitablement à retourner vers des considérations posées à la Renaissance, approfondies au XVIIIème, fermement codifiées pendant le XIXème siècle et contestées ou réhabilitées par la suite, il est particulièrement intéressant aujourd'hui, d'analyser les conditions d’apparition d’un nouveau lieu de l’art et d'en appréhender les formes. Comment se présente aujourd’hui un musée ? Quelle place, quelle forme prend-il ?  A partir de la variété des œuvres, des objets, des faits, ou des concepts « muséographiables » qui génèrent le projet, il s’agira de mener une réflexion sur les réponses plastiques proposées pour leur monstration ou leur évocation, de l’enveloppe architecturale à la scénographie d’exposition. On se plairait en effet  à retrouver, dans l’engouement actuel pour les musées, l’esprit des Lumières, qui pose le musée comme indispensable à toute ville qui se respecte, monument et/ou ornement, instrument de valorisation de la ville bourgeoise, édifice clé de beaucoup de  programmes urbanistiques. Le nouveau musée, outre son importance économique, devient un élément essentiel du capital symbolique d’une ville. Il en va donc de l’objet architectural lui- même et du projet urbanistique qui l’accompagne, ainsi que de la communication qui en est faite. Car, au delà des efforts de désacralisation de son contenu, le musée n’est-il pas toujours – ou à nouveau – reçu et compris comme le cadre de l’art et de la (re)connaissance, célébrant son objet dès l’enveloppe architecturale qu’il donne à voir, créant des lieux prédisposant à recevoir son contenu ou à le générer, quel que soit le parti pris et les choix plastiques opérés ? N’est-il pas, de fait, représentation de son contenu ? Il sera intéressant d’analyser l’émergence du projet dès sa naissance, avant même son existence matérielle. Comment, du dessein à l’esquisse ou la maquette, l’image du projet ou son objet, font-ils œuvre ? Comment se prépare et se construit la réception de l’édifice au travers des textes, dessins et visuels publiés en amont de la finalisation de la construction et quelles sont les conséquences de cette médiatisation en terme d’évaluation plastique et artistique ?

L’enveloppe architecturale se donnant à voir en premier lieu, la réception du bâtiment est d’abord affaire d’extériorité : l’analyse plastique interrogera alors les notions d’engagement artistique de son créateur, de forme entre art et technique, de matériau, d’échelle, de « geste architectural », d’intégration dans le lieu pour lequel il est conçu, ou encore de reconnaissance du signe qu’il suppose. Il s’agira ensuite d’analyser l’objet architectural dans son entier, lamanière dont les espaces s’articulent et se définissent en accord ou à l’encontre des anciens partis pris des galeries et cabinets et des symboliques rotondes sacralisantes. Architecture, scénographie, parcours, accrochage, installation, mise en lumière, point d’orgue : quels dispositifs, quel langage à l’épreuve, pour quelle connaissance ?

L'architecture, qu'elle soit création contemporaine ou réhabilitation, véhicule d'inévitables normes esthétiques par les choix plastiques engagés et les témoignages des  attitudes culturelles d’un moment donné. Que dit l'enveloppe architecturale des lieux de l'art à la société ? Que dit la scénographie des expositions ? Quels rapports plastiques entretiennent l'expôt et son lieu de mise en vue ? Comment l'œuvre habite-t-elle le lieu, mais aussi comment l'œuvre naît-elle du lieu ? Comment les architectes et les plasticiens font-ils émerger la dimension plastique des espaces d'exposition au point que le lieu de l'art devienne l'œuvre ?

Dans une prodigieuse mise en abîme –l’œuvre dans l’œuvre, le cadre dans le cadre-, la création des espaces de l'art interroge les pratiques artistiques, de même que le renouvellement de ces pratiques implique la reconsidération des espaces de l'art. Le débat se pose entre création, représentation et réception de ces espaces de l’art. Ces questions demandent à être abordées sur le mode de la transdisciplinarité, le sujet posant comme préalable la relation des arts plastiques et de l’architecture, chacune de ces composantes étant ici intimement liée à l’autre tout en revendiquant légitimement une singularité propre dans ses approches. Chacune met en œuvre le projet, des méthodes de réflexion sur la pertinence de ses modes de représentation, une finalisation, des formes de discours, suscite des regards, des appropriations qui gagnent à être partagés. Les différents champs disciplinaires de l’art et des sciences humaines, des arts plastiques, des arts appliqués, de l’architecture, de l’urbanisme, de l’histoire de l’art, de l’esthétique, de la sociologie, de l’anthropologie, sans exclusion de domaines non cités, sont  appelés à se rencontrer sur ce sujet et à confronter leurs différentes approches sur cette question de la plasticité de l’architecture muséale et de ses dispositifs de mise en exposition.

De même que les auteurs et méthodologies convoqués, les exemples et points de départ des objets d’études sont nombreux. Les analyses pourront s’appuyer sur des pratiques d’ équipes ou d’ateliers célèbres ou moins médiatisés permettant de problématiser à partir de leurs réalisations phares oscillant entre minimalisme et (dé)mesure mégalithique, entre réhabilitation et aménagements muséographiques.  Entreront en considération tous les propos approfondissant les spécificités liées à des cultures propres et aux tissages interculturels résultant des différentes manières de concevoir les lieux et la monstration de l’art, comme les propositions venues du Japon contemporain, très présentes sur la scène architecturale des musées.

Responsables scientifiques de la manifestation :
Isabelle ALZIEU  (UTM) et Clara SANDRINI (ENSA de Toulouse)


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