EMILIO DONATO, architecte " Architectures, dessins, peintures"

Cycle de conférences du CMAV

Conférence présentée par l'ENSA de Toulouse

> Jeudi 14 novembre à 19h Salle du Sénechal

L'ARCHITECTE

 

Emili Donato a donné de nombreuses conférences sur l'architecture catalane et espagnole, et présenté son œuvre dans plusieurs capitales d'Europe et d'Amérique Latine. Ses écrits et projets ont été publiés dans des revues spécialisées d'Europe, et d'Amérique Latine. La.VI Biennale Internationale d'Architecture de Buenos-Aires 1995, décernait à son œuvre le Premier Prix International de la Biennale. En 2005, recevait le Prix Catalan d’Urbanisme pour son Plan de protection de la Ville historique de Montblanch.

 

PRÉSENTATION DE LA DÉMARCHE

 

Cette série « jardins-châteaux-paysage » poursuit une recherche du glissement entre fiction et réalité, transposition et représentation qui avait été amorcée dans la série précédente.

Deux ou trois photographies recadrées et découpées sont assemblées et collées bord à bord dans une disposition  qui correspond à l’étagement de la représentation de l’espace perspectif. Les ruptures crées par le montage sont plus ou moins visibles, créant des tensions et une ambiguïté quant à l’authenticité de la prise de vue.

Les éléments d’architecture et de jardins construits et factice se mêlent  où s’opposent aux éléments réels du paysage. Les objets détournés sont comme une illustration littérale du vocabulaire des jardins à la française qui prolongent à l’extérieurs les éléments du d écor intérieur ( broderies de fleurs, tapis de verdure, miroir d’eau…)

 

Le point de vue du spectateur, souvent en plongée privilégie l’effet de perspective (sans que la vision soit parfaitement unifiée en raison des décalages entre les fragments de l’image) et le situe d’emblée dans un rapport théâtral à l’image. Car il s’agit d’une mise en scène qui sursignifie l’artifice de jardins à la française et qui affirme la composition face à l’objectif en construisant un espace fictif et dans un second temps un collage par combinaison de deux ou trois images qui laisse apparaître les sutures de sa construction.

La reconstitution d’un espace mis en scène comme un décor, la construction de l’image par le collage et le point de vue imposé par la photographie sont les condition nécessaires et solidaires de ce travail.

Pour que le résultat « agisse », il faut que le sujet représenté soit identifiable comme appartenant à un réservoir d’image préexistantes. Il s’agit de trouver la limite entre évocation et illusion pour que l’image soit convaincante.

 

Enfin cette série ouvre sur la problématique du paysage. L’image du paysage et la notion de paysage sont apparues de manière souvent simultanées. Il m’a intéressé d’interroger par ma pratique ce lien très ancien entre picturalité et paysage , un rapport à l’image vécu comme « naturel ».

 

 

TEXTE ASSOCIÉ

 

« La ville est à l’intérieur. Elle n’a pas de forme. Mais tant d’images : celles du cinéma, de la photographie, de la télévision, des bandes dessinées. Convergentes, codées, surcodées. Alors, ne reste plus qu’à détourner les codes, et s’en amuser comme le font les clichés décomposés/recomposés de Christophe Salles ( …).

 

Jouer. Avec les éléments de la mise en scène, avec le regard du spectateur, avec les images elles-mêmes. La photographie de Christophe Salles joue et se joue de. Dans un ciel d’un bleu immaculé, un building lance ses lignes acérées et c’est le générique de Dallas. Dans un crépuscule glauque, un morceau de parking sur un toit de Manhattan, un grillage distendu, une voiture immobilisée, voici une scène tirée d’un film de Scorcese. Ou encore des tours fumantes qui évoquent un célèbre 11 septembre.

C’est que Christophe Salles aime jouer sur ces effets de reconnaissance, ces réminiscences de clichés. Mais qu’on y regarde de plus près et ce que l’on avait pris pour un bâtiment stalinien n’est qu’un empilage de briques disjointes, les fenêtres d’une tour sont constituées par les croisillons d’un panier à linge, et c’est un vieux clapier à lapin qu’on avait pris pour le grillage d’un parking. Un univers bricolé, des matériaux pauvres, un bric-à-brac d’arrière-cour touché par un rayon de soleil couchant et c’est toute une imagerie de la ville qui, à travers ces photographies, se retrouve mise à distance.(…)

 

Car la ville n’a pas d’existence en soi. Elle n’est qu’une condition indispensable. Un médium de plus. »

 

Bruno Dubreuil / Galerie Immix-Paris

                                       

Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse
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