SANTIAGO CIRUGEDA, architecte, créateur de Recetas Urbanas, Séville

 

Mardi 29 mars 2011 à 19h00, Salle du Sénéchal

 

Etabli à Séville, Santiago Cirugeda propose depuis 1996 des pratiques constructives et de rénovation urbaine « semi-légales » sous le nom de RECETAS URBANAS (Recettes ou ordonnances urbaines). Il tire parti des vides juridiques, des chevauchements ou omissions des lois, pour pratiquer une architecture autonome et alternative.

 

RECETTES URBAINES,

Stratégies pour une occupation subversive

 

La planification urbaine espagnole détermine des écarts et des vides résiduels dans l’espace urbain et leurs constitutions : dimensions, matériaux, situations — mais ils n’en définissent pas l’usage car ce genre d’espaces sert en effet à mettre des gravats ou des ordures… Les travaux de rénovation fonctionnent d’une façon différente parce que les gens paient l’administration locale pour avoir leur permis, et font avec ce permis ce qu’ils veulent, ce dont ils ont besoin : une réserve urbaine, un espace pour respirer, un point de rencontre, un espace de jeux d’enfant, une plantation d’arbre…

Dans le cas des règlements pour les échafaudages par exemple, vous pouvez obtenir un permis pour en installer un parce que vous avez besoin de peindre la façade d’un immeuble que vous voulez « contaminer ». Vous pouvez toujours provoquer ce besoin en barbouillant ce mur d’un graffiti bien visible. Alors, vous installez votre échafaudage et pouvez construire un nouvel espace, votre propre refuge, privé, une architecture silencieuse, et ce avec n’importe quels matériaux, style ou dimension, comme vous le souhaitez. De même la durée de l’installation dépend de vous, car l’architecture silencieuse se doit d’être provisoire et évolutive ; ce sont des conditions que les autres architectures (les normales) ne connaissent pas. De la même façon, d’autres échappatoires ou « recettes urbaines » peuvent être employées pour rappeler aux institutions leur incapacité à tenir compte de la complexité du réel, ni de reconnaître la capacité et l’aspiration des gens à prendre part à la “dérive” urbaine.

Toutes les réalités se manifestent elles-mêmes comme une synthèse de divers facteurs. Si je veux parler du phénomène urbain, je dois le faire en termes de différences et de complexité. La voie que nous avons à suivre pour comprendre cette complexité ne peut être celle de la planification urbaine conventionnelle, puisque des systèmes invisibles et évolutifs, agissant dans l’espace public, créent eux-mêmes des structures complexes. Nous avons alors le sentiment que les divers niveaux de complexité croissent et meurent. Le système de production, et les paramètres et mécanismes politiques et économiques qui dominent l’architecture nous font l’effet d’un inconcevable projet de planification global, fermé sur lui-même.

La vitesse du changement dans l’espace urbain produit des lieux singuliers à des époques différentes, de telle sorte que la construction et la finition de ces espaces nécessitent des mécanismes de renouvellement qui interagissent avec le système d’un changement plus global. Pour les institutions, l’idée d’un projet global est le moyen de simplifier et de contrôler toutes les formes possibles de comportements et d’actions. Ma proposition consiste à redéfinir en permanence ce système global (la planification urbaine et la législation), cherchant des échappées possibles et imprévues qui permettent aux différents groupes humains d’intervenir librement sur l’espace.

 

Santiago CIRUGEDA

(traduction Stéphane Gruet)

 

Santiago Cirugeda

 

Établi à Séville, Santiago Cirugeda, architecte, propose depuis 1996 des pratiques constructives et de rénovation urbaine « semi-légales ». En 2004, il fonde le bureau RECETAS URBANAS (Recettes Urbaines). Il tire parti des vides juridiques, des chevauchements ou omissions des lois, pour pratiquer une architecture autonome, alternative, à laquelle collaborent habitants et usagers.

Détournement de matériel de chantier transformé en équipements d’aires de jeux, occupations d’espaces publics par des conteneurs, construction de greffe sur des façades ou des toits d’immeubles, ces dispositifs à la frontière de la légalité contournent et subvertissent les règlements qui mettent l’espace urbain sous contrôle et offrent de nouveaux espaces d’appropriations aux habitants.

Actuellement, Recetas Urbanas développe le réseau “Arquitecturas colectivas”, qui offre un appui aux collectifs qui veulent développer ce type de projets.

 

 

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